
« Mais… c’est quoi ton vrai travail? »
Si je recevais un dollar chaque fois qu’un jeune (ou un parent un peu curieux) m’a posé cette question, je pourrais probablement financer une nouvelle bande pour la patinoire.
Alors voilà. Pendant deux ans, en plus de mon “vrai travail”, j’ai suivi un programme universitaire au HEC Montréal sur le leadership et la gestion dans le milieu sportif. Et oui, j’ai remis des travaux, assisté à des cours, écrit des réflexions, rempli des grilles d’autoévaluation (parfois à minuit moins une). Et non, je ne me suis pas transformé en gestionnaire de multinationale.
Je suis resté exactement ce que je suis : un coach.
Mais un coach un peu différent.
Ce programme-là, il m’a permis de mettre des mots sur des choses que je faisais déjà un peu par instinct. Il m’a surtout permis de ralentir, de prendre du recul. De réaliser que je ne suis pas obligé de tout porter seul. Que déléguer, ce n’est pas perdre le contrôle. Et que bâtir quelque chose de solide, ça commence souvent par apprendre à faire confiance.
Pendant deux ans, j’ai fait atterrir l’avion que j’avais lancé en 2019 avec Amélie. Je l’ai démonté pièce par pièce pour comprendre comment il volait encore. J’ai documenté, j’ai organisé, j’ai recommencé. Et surtout, j’ai appris à mieux écouter, à mieux guider, à mieux m’entourer.
Parce qu’entraîner aujourd’hui, ce n’est plus juste corriger un saut ou monter un programme. C’est naviguer entre les émotions, les énergies, les ambitions. C’est créer un environnement vivant, cohérent et sécurisant pour les athlètes, mais aussi pour les entraîneurs et les parents.
Dans notre réalité, on est souvent seuls dans notre coin à gérer des situations complexes, sans trop savoir si on fait ça “comme il faut”. Ce programme-là, c’est pas une recette miracle. C’est un endroit pour réfléchir, pour se réinventer, pour se donner les moyens d’assumer pleinement le rôle qu’on joue.
Ce que j’en retiens?
– Que même dans un sport individuel comme le patinage artistique, c’est le collectif qui fait la différence.
– Que la performance, ce n’est pas l’objectif. C’est le reflet de ce qu’on a mis en place.
– Et que le métier d’entraîneur mérite d’être reconnu… pas juste pour ce qu’on fait sur la glace, mais pour tout ce qu’on construit autour.
Alors la prochaine fois qu’on me demande « c’est quoi ton vrai travail? » — je répondrai probablement avec un clin d’œil :
D’être un castor. Un bâtisseur. Un accompagnateur. Et oui, c’est un vrai job.
Si t’es entraîneur, peu importe ton sport, ton niveau ou ton nombre d’années d’expérience… je te le dis : ça vaut la peine. Parce que plus on est de coachs à vouloir faire les choses autrement, plus notre milieu va se transformer pour vrai.
Merci à toute la gang du HEC – Pôle sports, à ceux qui m’ont challengé ou inspiré, et à tous les coachs qui avancent, chacun à leur façon.
Pôle sports HEC Montréal Nadine Vaillant Olivier Doucet Jean-Paul Richard Marc-André Duchesneau Charles Baribeault MBA, CRHA


