
Ce qu’on a appris en ouvrant la porte aux parents d’athlètes
Le 19 mai, pendant que plusieurs profitaient de la Journée des Patriotes pour dormir un peu plus tard, faire du ménage de garage ou chercher un restaurant ouvert, nous, à l’API, on a organisé quelque chose d’un peu différent.
Une rencontre avec les parents de nos athlètes.
Oui, des parents. En chair, en os, et en émotions. Pas pour leur faire signer un formulaire. Pas pour remettre les horaires. Mais pour leur poser des questions qu’on ne leur pose pas souvent. Et surtout… pour les écouter.

🎯 Ce qu’on voulait (vraiment) faire
On ne voulait pas expliquer une fois de plus comment fonctionne la grille Star 1 à Gold. On ne voulait pas défendre pourquoi un a plus de leçons qu’un autre. On ne voulait pas faire une conférence PowerPoint sur l’engagement parental.
On voulait créer un moment. Un moment où les parents peuvent déposer leur vécu. Et peut-être, ressortir de là un peu plus alignés avec ce qu’on essaie de bâtir tous les jours.
Parce qu’entre vous et moi, un enfant qui grandit entre l’école, les devoirs, les compétitions, l’anxiété de performance, et la pression de bien faire partout… … il n’a pas besoin d’un parent qui gère tout à sa place. Il a besoin d’un parent qui comprend son rôle. Et qui l’ajuste.

🧠 Ce qu’on voit… et ce qu’on ne voit pas
Ce qu’on a reçu ce jour-là, ce sont des confidences vraies, jamais dans le jugement. Des parents qui ont dit :
- « Des fois, je ne sais même plus si je l’aide ou si je l’écrase. »
- « J’ai peur de poser une question… au cas où ça nuirait. »
- « On dirait que je vois rouge… mais vous, vous voyez autre chose. »
Et là, on touche à l’essence.
Parce que dans notre métier, on prend souvent des décisions complexes à partir de dizaines de variables invisibles : le niveau réel de l’athlète, ses besoins techniques, son état émotionnel, ses objectifs à long terme… et le contexte autour.

Mais ce que les gens voient, c’est le résultat final, pas tout ce qui a transité avant.
Et parfois, ce que les parents perçoivent comme une injustice… … c’est en fait un ajustement, une stratégie, une vision qu’on essaie de maintenir sur plusieurs mois, voire plusieurs années.
Ce n’est pas qu’ils ont tort. C’est qu’ils regardent la scène d’un autre angle. Et dans le sport, comme dans la vie, si on veut avancer ensemble, il faut parfois accepter de se déplacer pour voir autrement.

💬 Ce que cette rencontre nous a rappelé sur le sport… et les parents
Le sport de performance, c’est exigeant. Pas juste pour les jeunes. Pour les familles aussi.
Et parfois, on oublie que derrière chaque athlète, il y a un parent qui :
- Jongle entre l’horaire, le transport et le budget,
- Se demande s’il en fait trop… ou pas assez,
- Aimerait poser des questions… mais ne sait pas à qui, ni comment,
- Vit les émotions des compétitions avec autant d’intensité que son enfant.
Ce qu’on a vu, c’est que les parents ne demandent pas à être aux commandes. Ils veulent simplement savoir où se placer pour aider sans nuire. Et ça, c’est vrai dans toutes les disciplines, pas juste dans le patinage.
Le rôle du parent dans le sport, ce n’est pas d’être entraîneur adjoint, ni agent de presse, ni psychologue de performance à temps partiel. C’est d’être un repère stable, un point d’ancrage. Quelqu’un qui comprend ce que l’enfant vit… sans essayer de le vivre à sa place.

🔄 Ce que ça change pour nous
On ne repart pas de cette rencontre avec des réponses à tout. Mais on repart avec une certitude : le parent n’est pas un problème à gérer. C’est une énergie à canaliser. Une présence à inclure. Une voix à écouter.
Et si on prend le temps de nommer les choses, d’ouvrir le dialogue, d’expliquer nos choix, et de leur donner des clés pour comprendre au lieu de leur demander de faire confiance à l’aveugle…
…alors on crée un environnement plus stable, plus cohérent, plus sain.
Pas juste pour performer. Mais pour durer. Pour développer de la résilience. De l’intelligence émotionnelle. Et une culture où l’athlète n’est pas coincé entre deux pressions, mais soutenu par un cercle aligné autour de lui.
Cette rencontre m’a aussi inspiré autre chose : → Et si on aidait les parents à mieux comprendre le long terme? → Et si on leur donnait des outils simples, pas pour prendre des décisions, mais pour mieux accompagner les leurs?
Bref, et si on arrêtait de penser le parent comme une variable à contrôler, et qu’on le reconnaissait enfin comme un partenaire à outiller?
🧠 En terminant…
Ce jour-là, on a fait quelque chose de simple. Mais de rare. On a réuni ceux qui vivent le sport, chacun à leur façon, autour d’un objectif commun : le développement de leur jeune. Pas juste comme athlète. Comme humain.
Alors à vous, chers parents : Merci pour vos mots. Merci pour vos silences aussi. Merci d’avoir dit « je ne sais pas » avec autant de sincérité. Et merci de marcher avec nous, même quand le chemin n’est pas toujours droit.

🗣️ Et vous?
Ce type de rencontre m’a profondément marqué comme entraîneur. Mais je sais qu’on est plusieurs à chercher des façons d’impliquer les parents autrement.
Et vous, dans votre environnement :
- Comment abordez-vous la collaboration avec les parents?
- Quels gestes simples font une différence?
- Qu’aimeriez-vous voir plus souvent dans le sport, du côté humain?
Je suis curieux d’apprendre de vos expériences. Partagez-les ici — c’est en croisant nos chemins qu’on trace les meilleurs parcours.
Directeur – Académie Performance Isatis (API)


